Paroles d’expat #03 – Adèle – South Queensferry

Et voilà le troisième article de notre série « Paroles d’expat ». Découvrez l’expatriation d’Adèle installée à South Queensferry.

Présentez-vous en quelques mots

J’ai grandi en Bretagne, à Quimper. Ayant toujours été attirée par les langues et cultures étrangères, j’ai choisi de m’orienter vers une Licence LLCE Anglais lors de mes études, puis j’ai enchaîné avec un Master en traduction. Je suis partie m’installer en Écosse en juin 2009, à Édimbourg, un an après l’obtention de mon Master en France. Cela fait 11 ans cette année que j’y suis !

Durant les cinq premières années, j’ai travaillé pour des éditeurs français en traduisant à distance des livres de l’anglais au français, tout en complétant mes revenus avec des petits boulots sur Édimbourg ou des missions d’interprétariat. Puis j’ai ressenti le besoin d’un peu plus de stabilité et me sentir mieux intégrée professionnellement. Après une brève mission au service visa du Consulat français, j’ai rejoint le service des Relations Internationales de l’Université d’Édimbourg, où je travaille sur le programme d’échange Erasmus.

Depuis 2018, je suis installée à South Queensferry, une petite ville côtière à 15 minutes d’Édimbourg en train.

Comment est né votre projet d’expatriation ?

J’ai toujours eu envie de vivre à l’étranger – découvrir une culture en profondeur, au quotidien, est une expérience complètement différente d’un voyage limité dans le temps. J’étais tombée amoureuse de la ville d’Édimbourg lors de vacances en Écosse, et c’est tout naturellement que j’ai choisi cette destination quand j’ai décidé de venir m’installer au Royaume-Uni.

De par mes études d’anglais, j’avais déjà une bonne connaissance de la langue et de la culture britannique, et j’avais aussi eu la chance de passer un an en Irlande en échange Erasmus à Dublin, en 2006. Cette expérience m’a beaucoup aidée quand j’ai choisi de m’installer en Écosse : si je n’avais pas déjà vécu dans un pays anglophone, je n’aurais pas eu le cran de faire ce grand saut dans le vide en 2009 !

Comment se sont déroulés les préparatifs ? 

Mes proches connaissaient mon envie de partir au Royaume-Uni. J’avais expliqué vouloir tenter ma chance en Écosse pendant au moins quelques mois, et « plus si affinités » si je m’y plaisais et que j’y trouvais du travail. Je n’avais pas de projet professionnel particulier en débarquant en Écosse, seulement une très grande envie de vivre à Édimbourg. J’ai débarqué avec une valise, sans connaître personne sur place, mais j’avais la chance d’avoir pu réserver une chambre à l’avance pour deux mois. Cela m’a épargné le stress de chercher un logement dès mon arrivée !

Comme j’avais déjà fini mes études, et que j’étais sans emploi en France avant mon départ, mon installation s’est faite de façon plutôt sereine puisque je suis partie à une période charnière. J’ai fait un peu de porte-à-porte avec mon CV pour commencer par des petits boulots, et j’ai trouvé ma place à Édimbourg au fil des mois et des expériences.

Ma plus grande difficulté d’adaptation a été le logement. De nature plutôt solitaire, j’ai dû me résoudre à faire des compromis: étant donné le prix des loyers à Édimbourg, impossible de louer mon propre appartement ! Les studios individuels sont rares et les appartements trop chers pour un salaire modeste. J’ai donc vécu en colocation dès mon installation, puis en couple avec mon compagnon, qui est australien, quelques années plus tard.

Quelle a été la bonne surprise suite à votre installation en Ecosse ?

Même si je n’avais séjourné à Édimbourg que brièvement avant de décider de m’y installer (deux jours…), mon coup de cœur s’est confirmé dès mon arrivée. Je n’ai pas remis en cause mon choix de destination, même dans les périodes un peu creuses. Édimbourg reste pour moi une ville idéale : une vie culturelle riche, beaucoup d’espaces verts et une ville spectaculaire à taille humaine.

J’ai aussi apprécié la facilité des démarches administratives, quasiment inexistantes. Le passeport français me permettait de m’installer et de travailler en Écosse sans difficultés ni contraintes. Les seules démarches à effectuer à mon arrivée étaient l’inscription à la NHS (pour accéder aux services médicaux) et obtenir un National Insurance Number pour me permettre de rechercher du travail. Même mon enregistrement en tant que self-employed (auto-entrepreneuse) pour pouvoir travailler en tant qu’indépendante a été simplissime.

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un(e) futur(e) expatrié(e) ?

Suivez votre instinct ! Si vous avez un gros coup de cœur pour un pays ou une ville en particulier, cela vaut le coup de suivre son envie. À mon arrivée en Écosse, on m’a souvent conseillé d’aller plutôt à Glasgow, qui offrait plus d’opportunités professionnelles, mais je suis heureuse d’avoir persévéré et d’être restée à Édimbourg qui était mon premier choix. L’avantage de s’installer quelque part à long terme, c’est qu’on peut prendre le temps de progresser à petit feu. Il y a moins de pression que lorsque l’on part pour une durée limitée.

En revanche, je conseillerais quand même d’arriver avec un solide niveau de langue, qui facilite énormément l’intégration et la recherche d’emploi. Si vous n’avez pas eu l’occasion de vivre en pays anglophone auparavant, je pense qu’un stage ou séjour linguistique au préalable est une bonne idée pour se sentir à l’aise en anglais et commencer son installation du bon pied.

Vue du Forth Road Bridge et du Queensferry Crossing au crépuscule.
Vue du Forth Road Bridge et du Queensferry Crossing au crépuscule.

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