Paroles d’expat #06 – Ophélie – Edimbourg

Et voici le sixième article de notre série « Paroles d’expat », découvrez l’expatriation d’Ophélie installée à Edimbourg.

Présentez-vous en quelques mots

Je m’appelle Ophélie, 31 ans au compteur et originaire d’un petit village près de Poitiers dans la Vienne, en France. Je suis arrivée au Royaume-Uni en septembre 2014 : j’étais en plein Master Recherche et j’avais décidé, en parallèle, de participer au programme universitaire permettant de travailler comme assistant de français dans un établissement britannique. C’est comme ça que j’ai atterri à Stamford, petite ville du sud du Lincolnshire, en Angleterre. Fast forward, nous sommes en 2022, ça fait un an et demi que j’habite en Ecosse et je travaille désormais dans le social.

Comment est né votre projet d’expatriation ?

Mon projet d’expatriation est né en deux étapes je crois. Pour commencer, je suis tombée amoureuse de l’Ecosse en 2010, pendant mon tout premier voyage à Edimbourg. J’avais 20 ans, c’était mon premier séjour à l’étranger avec des amis, et non plus en famille : l’extase totale. Edimbourg m’a conquise dès que j’ai posé les yeux sur son relief. Une chose était certaine : un jour, j’habiterais à Edimbourg !

1. En 2011-2012, j’ai étudié à l’Université de Glasgow en Ecosse dans le cadre du programme d’échange universitaire Erasmus : l’occasion idéale de découvrir la vie en Ecosse, dans une grande ville qui plus est. Ça m’a changé de mon petit village ! Je suis partie vivre à Glasgow à une période un peu sombre de ma vie : deux décès rapprochés, un décrochage scolaire, des pensées un peu trop moroses. Je suis revenue en France en 2012, ça allait un peu mieux mais je n’avais qu’une envie en tête : repartir.

2. En 2014, j’ai décidé de partir vivre en Angleterre. J’aimais déjà beaucoup ce pays, mais cette fois-ci, je voulais voir s’il y avait vraiment une différence entre l’Angleterre et l’Ecosse. Je n’essayais pas de fuir quoi que ce soit, mais de découvrir une nouvelle culture, un nouvel environnement, un nouveau paysage professionnel. Je ne suis jamais repartie du Royaume-Uni, mais j’ai changé de pays après six ans. Retour à mon premier amour : l’Ecosse !

photo d'Holyrood place - Edimbourg
Holyrood palace

Comment se sont déroulés les préparatifs ? 

Pour Glasgow, je n’avais rien préparé du tout. Folie ou bravoure, à vous de choisir. Pour Stamford, j’avais déjà un emploi en poche (assistante de français) et un logement dédié : aucune prise de tête. Avec ma licence d’anglais, je m’en sortais pas trop mal niveau langue. Les seules choses dont j’ai dû m’occuper ont été l’ouverture d’un compte en banque et l’obtention du National Insurance Number, nécessaire pour bosser au Royaume-Uni. Easy peasy!

Bon, les choses ont changé quand, au bout de trois ans d’assistanat, j’ai décidé d’intégrer l’université en Angleterre pour passer mon diplôme d’enseignement. Rien que ça, ça a été festif ! Dossier, lettre de motivation, entretiens, examens… Un véritable parcours du combattant. J’ai étudié un an à l’Université de York, puis j’ai dû trouver mon premier emploi de prof. C’est très différent au Royaume-Uni : un prof tout juste qualifié n’est pas envoyé dans une école, c’est à nous de trouver comme des grands. Ça a beaucoup d’avantages. C’est comme ça que j’ai atterri à Scarborough, dans le Yorkshire, où j’ai enseigné deux ans. Mon anglais était fluide, sans aucun souci, et je n’ai pas eu de problème pour trouver un logement. Forcément, avec un emploi en poche, c’est tout de suite plus facile ! Après autant de temps au Royaume-Uni, j’étais tranquille niveau admin.

2020 a été marquante pour tout le monde mais je vais probablement choquer un peu en disant que la pandémie a été une aubaine pour mois. Il ne faut pas sortir les mots de leur contexte bien évidemment, laissez-moi vous expliquer. En mars 2020, ça faisait déjà un an et demi que j’habitais et enseignais à Scarborough : je détestais cette ville de toute mon âme, et je détestais enseigner dans l’école en question. D’ailleurs, j’avais déposé ma lettre de démission en octobre 2019. La pandémie et la fermeture des écoles en mars 2020 m’a donc permis d’organiser mon déménagement à Edimbourg ! J’ai trouvé un appartement à distance, avec visite en ligne, sans trop de problème. Pour le boulot, j’ai dû attendre d’être sur place. J’ai tout simplement postulé dans une boîte pour faire de l’aide à domicile. Je ne pensais pas que ça me plairait mais, well, j’ai tout de suite adoré ! Aujourd’hui, je travaille toujours en tant qu’aide à domicile, carer en anglais, mais cette fois-ci, en tant que freelance !

Côté famille, ma famille m’a toujours soutenue dans mes choix et mon départ ne leur a pas posé de problème. Au contraire, ils sont bien contents d’avoir un logement quand ils veulent s’octroyer un week-end ou des vacances au Royaume-Uni ! J’avoue qu’après plusieurs années, c’est un peu différent. La pandémie a remis les choses en perspective. Je ne vois plus ma famille aussi souvent qu’avant, et j’ai l’impression de rater pas mal de trucs (notamment de voir mon neveu, 15 mois, grandir et évoluer). Mais bon, j’accepte tout ça, ça vient avec le package « expatrié / immigré ».

Quelle a été la bonne surprise suite à votre installation en Ecosse ?

Pour résumer, j’ai vécu un an en Ecosse entre 2011 et 2012, puis six ans en Angleterre entre 2014 et 2020, avant de tout lâcher et de me réinstaller – cette fois pour de bon – en Ecosse, et plus exactement à Edimbourg.

Mon amour d’Edimbourg était à l’image de ma haine de Scarborough : indescriptible ! Sans grande surprise, tout a été une bonne surprise :

  • Retrouver une vie sociale, rencontrer de nouvelles personnes (en suivant les restrictions covid bien sûr !) ;
  • Retrouver une vie culturelle, pouvoir errer dans musées et galeries ;
  • La gentillesse et la tolérance des gens. Ça va peut-être surprendre mais si tout s’est super bien passé à Stamford et à York, ça a été différent à Scarbs, une ville moyenne, coincée sur la côte du Yorkshire, avec une population quasi-exclusivement blanche et anglaise. Difficile de trouver sa place en tant qu’étrangère ;
  • La nourriture. Il y a quand même pas mal de trucs super bons à manger en Ecosse, et encore plus à boire ! 😀 ;
  • La facilité d’installation. J’ai trouvé un appartement sans souci alors que je n’avais pas d’emploi assuré. Une chose impensable en Angleterre je crois ! Pareil pour le boulot, je n’ai pas beaucoup galéré avant de trouver quelque chose pour occuper mes journées !

Bref, déménagement en Ecosse a été une belle surprise en soi, un accomplissement complet. ♥

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à un(e) futur(e) expatrié(e) ?

Le conseil ultime : se renseigner sur le pays et la ville où vous pensez vous installer. Je ne l’ai pas fait pour Scarborough, j’ai très vite déchanté. J’avais adoré y passer une aprem entre amis il y a quelques années pourtant mais j’avais oublié un détail : visiter une ville n’a rien à voir avec y habiter. Erreur !

photo du chateau d'Edimbourg en hivers
Vue sur le chateau d’Edimbourg en hivers

Vous pouvez suivre les aventures de d’Ophélie (expatrié à Edimbourg) sur son blog.
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2 réflexions sur “ Paroles d’expat #06 – Ophélie – Edimbourg ”

  • 7 février 2022 à 20 h 31 min
    Permalink

    Super article. J’aime beaucoup le concept.

    Réponse
    • 9 février 2022 à 21 h 35 min
      Permalink

      Merci 😉

      Réponse

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